Mois : septembre 2026

  • « Les accidents font mon bonheur »

    Lumix DMC-TZ100 ISO/125 1/800 sec. f/46mm F/7.1

    Pour moi, rien n’est plus ordinaire et prévisible qu’un couché de soleil. C’est un grand classique des réseaux sociaux, des albums photos de vacances et des pages d’accueil de smartphones. Je ne fais pas exception à la règle et me voilà avec cette image.

    En réalité, je ne suis pas particulièrement attirée par les photos de paysage. Cela me semble trop figé, trop parfait. C’est sans doute pourquoi ce reflet de l’eau, plus texturé et plus abstrait, a attiré mon regard.

    Ces lignes brisées sont comme de petits accidents sur cette image ennuyeuse et c’est précisément là que la poésie se révèle. Le moment où l’on cesse simplement de regarder pour commencer à ressentir.

    Ne sommes nous pas nous-même des lignes brisées ?

  • Promesse de renaissance

    Lumix DMC TZ-40 ISO/100 f/403mm F/3.3

    Ce bateau abandonné derrière cette vieille clôture abîmée ne symbolise t’il pas la fin d’un cycle ?

    Drapé de poussière et de toiles d’araignée, immobilisé sur son ber, il me rappelle que toute chose à un terme. L’été s’achève, le ciel se couvre, la fraîcheur s’installe lentement. Il règne sur cette photo un atmosphère de solitude, d’abandon et de silence .

    Au delà de cette saison qui décline, ce bateau abandonné est une métaphore universelle riche : la vieillesse, les rêves déchus, les regrets, l’oubli, le deuil, chacun peut y reconnaître un peu de son existence.

    Pourtant, le dénouement d’une étape en appelle une autre, et bientôt, derrière cette même clôture, des ouvriers s’affaireront à redonner vie à cette vieille coque. Tout comme l’été nous reviendra. Comme un cercle n’a ni début ni fin, l’achèvement d’une chose est indissociable du commencement d’une autre.

  • Ligne de regard, ligne de survie

    Lumix DMC-TZ100 ISO/125 1/125 f/9.1mm F/2.8

    Cette photo a été prise à la volée en passant sur le pont Joffre à Perpignan. Mon regard a été attiré instantanément par la profusion de lignes: les horizontales, les verticales, les obliques, la ligne du regard de ces dames, celles créés par les ombres, celle du mouvement de marche, celles des vêtements, plus celles du cadre. J’ai choisi de faire cette image en noir et blanc pour diminuer les distractions visuelles et en augmenter les contrastes.

    Qu’à cela ne tienne. La photo est difficile à lire ; on pourrait dire que trop de lignes tue la ligne et crée une surcharge visuelle. Heureusement, le regard des deux personnes tournées vers la gauche crée une ligne de force invisible mais puissante : notre regard s’y accroche et traverse enfin l’image. On se demande ce qui captive leur attention et on résout l’énigme de ce chaos graphique, la photo prend tout son sens.

    Il ne faut jamais sous-estimer la force créée par le regard. C’est biologique et bien ancré dans notre évolution: savoir ce que l’autre regarde peut nous sauver la vie !

  • Tire fort, Pitou !

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    Lumix DMC-TZ100 ISO/125 1/125 sec. f/29mm F/4.7

    Jour de marché à Perpignan. Ce mignon Yorkshire terrier ne semble pas très enclin à suivre sa maîtresse. Il tire sur sa laisse de toute la force de ses petites pattes et l’implore du regard, mais rien n’y fait : madame continue ses emplettes.

    C’est précisément ce que j’aime dans cette photo : cette tension entre l’animal et l’humain, qui s’exprime par le bras tendu de la maîtresse et la laisse raide, comme une corde, qui traverse la photo.

    J’imagine très bien la tête de cette dame tournée vers un étal de légumes pour choisir son prochain repas, inconsciente du drame qui se joue au bout de son bras !

    J’en suis presqu’à penser que sur la prochaine photo, il n’y aura plus de chien. Et hop, disparu !

  • Ouvrez l’oeil, et le bon !

    Fuji X-T3 ISO/160 1/500 sec. f/450mm F/5.6

    Sur cette photo, on constate que la réalité des couleurs n’est pas tout à fait exacte. La saturation a été légèrement augmentée pour faire ressortir toute la poésie de la scène, alors que le bleu profond de l’eau et le vert de la végétation au loin contrastent avec l’ocre de ces immortelles séchées. Le bokeh de l’arrière plan, très présent accentue les taches de couleurs.

    Parfois, il faut tricher avec la photographie pour exprimer son ressenti. Un coup d’oeil sur ce petit espace de verdure m’a suffi. J’étais émerveillé par cette palette de couleurs malgré la sécheresse environnante .

    Ici, le sujet de la photo est plutôt la couleur. C’est elle qui attire le regard et qui nous donne à réfléchir sur la beauté du monde. Cette beauté simple et minuscule comprise dans un très vaste paysage.

    La photographie nous apprend à voir de l’infiniment petit au plus grand, et les nouveaux appareils et applications nous offrent un appui considérable dans l’expression de notre monde.

    Il n’en tient qu’à nous de bien ouvrir l’oeil , et le bon !