Mois : septembre 2026

  • Marianne prend l’air

    Fuji X-T3 ISO/200 1/500sec. f/70mm F/7.1

    À Peyriac-de-Mer, la Marianne s’expose au regard de tous les passants et habitants du village plutôt que de rester à l’intérieur de la mairie. Elle est l’œuvre d’un artiste anonyme ancien, fait sur un moulage républicain classique. Sa restauration faite en 2022, lui a redonné tout son lustre. Sur cette photo, prise en lumière naturelle, une partie de son visage est dans l’ombre et le corps est plongé dans l’obscurité.

    On pourrait parler de portrait clair-obscur, avec une lumière latérale intense qui plonge la moitié du visage dans le noir et crée un aspect dramatique. Par contre, une tâche de lumière presque triangulaire vient éclairer sa joue droite sous l’œil, ce qui signe le portrait Rembrandt. Quoi qu’il en soit cet éclairage est classique et totalement improvisé !

    Cette Marianne sortant du noir, avec son léger sourire, impressionne par son réalisme. Passez la voir si vous venez dans le coin !

  • Komorebi et l’instant présent

    Fuji X-T3 ISO/800 1/250sec. f/268mm F/5.6

    Ici deux thèmes que j’affectionne : les reflets sur l’eau et les sous-bois. J’aime l’aspect flou donné par le feuillage, comme une abstraction peinte sur l’eau où l’on ne distingue que des masses de couleurs mouvantes. J’aime la lumière des sous-bois. Je m’y attarde souvent, uniquement pour le plaisir de regarder la clarté filtrée par les feuilles et les branches.

    Celle-ci se modifie au gré du vent et crée de petits tableaux fugaces, parfois doux, parfois forts, d’une grande beauté. Ces tons de vert, de jaune, de gris et de brun se déclinent à l’infini.

    Au Japon, cela porte un nom : le Komorebi. On peut dire que le Komorebi est le langage de la lumière dans les sous-bois, dialogue entre l’éclat et l’ombre. Au- delà de ce phénomène visuel, il évoque aussi l’instant suspendu entre présence et disparition. Dans cette lumière fragile et éphémère, se révèlent l’équilibre délicat de l’instant, la dualité de la vie, l’ombre et la lumière.

    Je ne connaissais pas ce mot japonais , mais il partage la même quête que la photographie : la capture de l’instant, le travail des contrastes et le bokeh ou l’esthétique de l’arrière-plan.

  • Douche à l’italienne perfectionnée

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/800sec. f/188mm F/5.6

    À première vue, cette aigrette garzette, d’une blancheur immaculée, fait sa toilette. En fait, elle fait bien plus que cela.

    Elle possède une petite glande située à la base de ses plumes. Lorsqu’elle la presse avec son bec, l’aigrette récolte une huile cireuse et hydrofuge. Géniale n’est-ce pas ? Elle s’en sert pour imperméabiliser ses plumes et se protéger des champignons et bactéries grâce à l’action de la cire.

    J’ajoute aussi qu’en faisant cela, elle répare la structure de ses plumes, élimine les parasites ou les saletés et gère sa mue.

    Evidemment, cela demande quelques contorsions, ce que son long cou lui permet. Un lent travail et méticuleux, essentiel pour cet oiseau. Voilà qui devrait nous faire encore plus apprécier notre douche, même si elle n’est pas à l’italienne !

  • Quand pensez-vous Prof ? *

    Fuji X-T3 ISO/160 1/125sec. f/35mm F/7.1

    Abandonnons un peu les oiseaux pour se tourner vers le village de Pau en Catalogne où a eu lieu ce week-end un vide grenier. Au détour d’une allée, je remarque cet élégant mannequin, puis le petit nain de jardin. À leurs côtés, se tient un homme avec les yeux rivés sur son téléphone intelligent. Quel pittoresque !

    Trois regards, trois directions, tous différents. D’abord, le regard du mannequin, regard lointain et fuyant, puis le petit nain qui me regarde directement, avec son sourire éternel de plâtre. L’homme, quand à lui, est absorbé par son téléphone, coupé du monde qui l’entoure.

    Le choix du cadrage et de l’objectif de 35mm relie visuellement ces personnages et atténue l’arrière-plan. Le choix du noir et blanc vient diminuer les distractions et concentre notre attention sur les regards.

    Dans un monde saturé d’images, on finit par ne plus regarder autour de soi, quel drame !

    N’est-ce pas étrange que ces personnages inanimés semblent plus présents dans l’instant que l’humain ?

    * Prof est l’un des nains de Blanche-Neige, ici représenté en plâtre et sans ses lunettes.

  • 100% énergie naturelle

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    Fuji X-T3 ISO/800 1/2000sec. f/450mm F/8

    Je suis un oiseau très connu. C’est moi qu’on imagine volant dans le ciel avec un nourrisson dans le bec. J’en ai amené de ces petits ! Pas toujours commodes, ils pleurent, ils ont faim et ils s’agitent. Quelle vie je fais !

    Sans compter qu’on me fait dîner avec un renard dans les Fables de La Fontaine, alors que jamais je ne croise de renard dans les marais, et sur un toit encore moins. De toute façon, je ne sais pas parler, je craquette !

    Je suis la cigogne blanche ( Cicona ciconia ), bien que je ne sois pas très blanche … faut dire que dormir sur les cheminées, ce n’est pas toujours très propre. Je suis même obligée de dormir sur une patte. Vous vous imaginez ?

    Je me dirige vers l’Afrique subsaharienne pour l’hiver. Comme des dizaines de milliers de retraités européens avec leur camping-car : je choisis le soleil. À la différence près qu’un coup d’aile est 100% naturel et non polluant ! Bon courage et bon hiver à tout ceux qui demeurent au Nord ! À la revoyure.