Catégorie : Paysage

  • Cerbère, si petite et pourtant …

    Fuji X-T3 ISO/160 1/125sec. f/87mm F/14

    Cerbère, ville de la Côte Vermeille, minuscule vallon, a connu une histoire des plus mouvementées. Restée longtemps un hameau de pêcheurs et viticulteurs, tout bascule en 1864, lorsqu’elle est reliée à l’Espagne par une voie ferrée à travers le col des Bélitres.

    L’ouverture du tunnel international et de sa gare en 1878 provoque un afflux massif de travailleurs : Cerbère prospère. L’âge d’or de cette commune se situe entre 1900 et 1930, grâce à l’importation notamment des agrumes espagnols *.

    Escale fréquentée, l’hôtel Art déco le Belvédère du Rayon Vert est édifié au début des années 1930. On le voit ici fièrement dressé, tel un paquebot face à la mer.

    En 1939, Cerbère devient le centre d’un drame humanitaire majeur : La Retirada. Un demi-million de républicains espagnols s’y réfugient pour fuir la dictature de Franco.

    Cerbère, talonnée par l’histoire, voit désormais passer l’exil de ces jeunes migrants venus d’Afrique. Si petite soit-elle, Cerbère s’inscrit dans la grande histoire mondiale.

    *Lire « La Transbordeuse d’oranges » de Hélène Legrais.

  • « La Tet passa * »

    Lumix-TZ100 ISO/125 1/1000 sec. f/55mm F/6.3

    Une fine bande de sable sépare la Têt de la Méditerranée comme un trait d’union entre Ste-Marie-la-mer et Canet en Roussillon. Ici s’achève la Têt, ce fleuve fringant qui prend naissance dans le massif du Carlit, dans les Pyrénées-Orientales. Il sillonne à travers le Pays Catalan sur près de 116 km.

    Si l’endroit paraît calme sur cette photo, il subit pourtant de plein fouet les assauts de la tramontane et des coups de mer brutaux provoqués par les vents de sud-est.

    Comment, alors vous faire ressentir toute l’histoire qui chemine à travers ces eaux ? Les siècles de guerres et de labeurs des hommes qui ont peuplé ses berges, le souvenir des neiges fondues du Carlit, les pierres usées des citadelles, de ces bancs de galets jusqu’au parfum des vergers de la plaine – tout cela vient doucement mourir sur la plage du lido pour se mêler aux eaux de la mer, dans un murmure calme et éternel.

    * »La Têt passe » … tiré d’une chanson de Jordi Barre « Canta Perpinyà »

  • Fenêtre sur la mer

    DMZ-TZ100 ISO/125 1/500 sec. f/52mm F/4.1

    L’installation éphémère des restaurants de plage donne lieu à de singulières apparitions. Posé sur la plage, un pan de mur percé d’une fenêtre tient debout sans toit ni cloison. Il est là face à la mer, bien dénudé, attendant le reste de sa structure pour avoir l’air enfin d’un petit cabanon. Un peu surréaliste, n’est-ce pas ?

    Cette photo prise en avril montre une plage désertée et nous offre le luxe du calme. Quoi de mieux qu’une fenêtre avec vue sur la mer pour y plonger son regard et laisser voyager son esprit. J’avoue que celle-ci prête plutôt à sourire par son aspect insolite !

  • « Les accidents font mon bonheur »

    Lumix DMC-TZ100 ISO/125 1/800 sec. f/46mm F/7.1

    Pour moi, rien n’est plus ordinaire et prévisible qu’un couché de soleil. C’est un grand classique des réseaux sociaux, des albums photos de vacances et des pages d’accueil de smartphones. Je ne fais pas exception à la règle et me voilà avec cette image.

    En réalité, je ne suis pas particulièrement attirée par les photos de paysage. Cela me semble trop figé, trop parfait. C’est sans doute pourquoi ce reflet de l’eau, plus texturé et plus abstrait, a attiré mon regard.

    Ces lignes brisées sont comme de petits accidents sur cette image ennuyeuse et c’est précisément là que la poésie se révèle. Le moment où l’on cesse simplement de regarder pour commencer à ressentir.

    Ne sommes nous pas nous-même des lignes brisées ?