
Cerbère, ville de la Côte Vermeille, minuscule vallon, a connu une histoire des plus mouvementées. Restée longtemps un hameau de pêcheurs et viticulteurs, tout bascule en 1864, lorsqu’elle est reliée à l’Espagne par une voie ferrée à travers le col des Bélitres.
L’ouverture du tunnel international et de sa gare en 1878 provoque un afflux massif de travailleurs : Cerbère prospère. L’âge d’or de cette commune se situe entre 1900 et 1930, grâce à l’importation notamment des agrumes espagnols *.
Escale fréquentée, l’hôtel Art déco le Belvédère du Rayon Vert est édifié au début des années 1930. On le voit ici fièrement dressé, tel un paquebot face à la mer.
En 1939, Cerbère devient le centre d’un drame humanitaire majeur : La Retirada. Un demi-million de républicains espagnols s’y réfugient pour fuir la dictature de Franco.
Cerbère, talonnée par l’histoire, voit désormais passer l’exil de ces jeunes migrants venus d’Afrique. Si petite soit-elle, Cerbère s’inscrit dans la grande histoire mondiale.
*Lire « La Transbordeuse d’oranges » de Hélène Legrais.



