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  • Histoire de tabac !

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    Canon EOS 70D ISO/1000 1/3200 sec. f/100mm F/5.6

    Le Tabac d’Espagne (Argynnis paphia ) porte fièrement les couleurs orange et cuivre qui ont inspiré les naturalistes de l’époque.

    Cependant, l’histoire est trompeuse, car il n’a jamais existé de tabac d’Espagne à fumer. Il s’agissait en faite d’un tabac à priser ou à chiquer, fabriqué à Séville au XVIIIe siècle, qui était très en vogue. Pour lui donner une teinte chaleureuse, on y ajoutait une ocre locale qui lui donnait une couleur rappelant les ailes de ce papillon, d’où son nom.

    Il n’a donc jamais existé de tabac d’Espagne à mettre dans sa pipe. De plus, si le célèbre tabac à priser a aujourd’hui disparu, le papillon, lui, est toujours présent dans la nature pour notre plus grand bonheur !

  • Dos à dos

    Lumix DMC TZ-100 ISO/640 1/80 sec. f/25mm F/4.5

    C’est maintenant difficile de faire de la photo de rue ou de public. Avec mon boitier compact, j’y arrive parfois, mais cela génère pas mal de tension !

    Pris sur le vif lors d’un vernissage à Perpignan- mon petit clin d’oeil à Visa pour l’image qui commence ce week-end d’août- cette photo capture ces deux photographes qui semblent se gêner dans un espace restreint. Le regard du photographe de droite en dit long sur son embarras: une véritable guerre de territoire où chacun veut préserver sa bulle.

    J’ai vécu cette situation à de nombreuses reprises, où chacun joue des coudes pour tenter d’obtenir la meilleure place et la meilleure photo. Je crois que ces situations m’ont poussé à me tourner vers la nature , même si la photo de rue reste incroyable. Quel plaisir de saisir des émotions, des sentiments, des expressions sur les visages et d’observer le comportement humain.

    Un grand paradoxe de notre époque : dans ce monde où l’image est omniprésente, où on n’hésite pas à montrer son intimité à la planète entière, il n’a jamais été aussi difficile de prendre une simple photo d’un inconnue.

    Cela ne m’empêche pas de vous inviter à venir voir les différentes expositions, entres autres celle de Raymond Depardon, cofondateur de l’agence Gamma en 1966 et membre de l’agence Magnum Photo à partir de 1978.

    Bonne visite !

  • Je sème à tout vent

    Fuji X-T3 ISO/160 1/500 sec. f/280mm F/5.6

    Personne n’a oublié cette célèbre devise. Le pissenlit est le symbole historique de la diffusion du savoir, créé en 1890 par Emile-Auguste Reiber pour la maison Larousse à travers I’allégorie d’une femme soufflant sur les aigrettes de la fleur.

    Pourquoi une femme ? Parce que la tradition veut que les concepts comme la connaissance, la sagesse, la vérité, la science ou la culture soient féminins. La France est sous la IIIe république. Tandis que Jules Ferry fait voter la loi pour l’instruction obligatoire, Marianne s’impose comme la figure féminine par excellence. Diffuser le savoir devient une mission dont les femmes assurent la transmission. Ce sont notamment les institutrices qui incarnent sur le terrain cette mission d’alphabétisation et de transmission du savoir.

    A titre de comparaison, au Québec, l’éducation n’est devenue obligatoire qu’en 1943, mais le savoir y a également été transmis, comme en France, par des institutrices laïques ou appartenant à des communautés religieuses.

    Une fois de plus, une photo prise pour la poésie de sa lumière cache une grande histoire. Un jour, je vous parlerai peut-être de la biologie unique du pissenlit, cette fleur si familière et si peu connue à la fois !

  • David et Goliath

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    Canon EOS 70D ISO/500 1/4000 sec. f/100mm F/3.2

    David et Goliath, ou l’histoire d’une rencontre entre une petite et une grosse abeille.

    Le géant noir aux ailes violettes, alias le xylocope violet ( Xylocopa violecea ), est surnommé  » l’abeille charpentière « . Plus grande abeille d’Europe, elle mesure en moyenne 30 mm de long et bourdonne comme un bombardier.

    A ses côtés, la petite est une cératine bleue ( Ceratina cyanea). C’est elle aussi une charpentière, mais en version de poche : elle mesure à peine 5 mm et demeure très discrète.

    On les appelle abeilles charpentières en raison de leur méthode de nidification : elles creusent leur propre galerie directement dans le bois, contrairement aux abeilles domestiques des ruches. Elles ne vivent pas en colonie et ne produisent pas de cire mais se sont de remarquable pollinisatrices.

    Deux gabarits qui, mis côte à côte, sont fort surprenants.

  • Vous avez dit vide ?

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    Canon EOS 70D ISO/500 1/800sec. f/100mm F/4

    Rien ne sert de courir se protéger de cet insecte : il est tout à fait inoffensif malgré son apparence proche de celle d’une guêpe. Il ne possède pas de dard, donc il ne pique pas.

    Je me suis demandé pourquoi on le nomme  » volucelle vide « (Volucella inanis ). Voici la réponse : le naturaliste Rémy Perrier a documenté que son abdomen paraissait vide. En réalité, l’intérieur de son corps est largement occupé par de grands sacs aériens. Ces cavités remplies d’air prennent énormément de place, donnant l’illusion que l’insecte est creux !. Tous s’explique !

    C’est alors que la question suivante est arrivée : à quoi servent ces cavités ? Pour faire court, c’est un super-soufflet pour la respiration, un gain de légèreté pour le vol stationnaire, un climatiseur, un isolant thermique et une réserve d’air de secours.

    Alors qu’on ne me dise plus que l’homme est l’espèce la plus évoluée !

    Cet insecte possède tout ce dont j’aurais eu besoin cet été pour vivre plus confortablement.