Catégorie : Insectes

  • Retour du criquet d’Egypte

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    Fuji X-T3 ISO auto./2500 1/500 sec. f/55mm F/4

    Aujourd’hui, je vous présente le criquet d’Egypte, devenu un spécimen adulte. Je vous avais partagé une photo de lui, encore immature dans mon article du 16 juillet. Se peut-il que ce soit le même ? Observé sur le même arbuste dans mon jardin, il y a de fortes chances qu’il ait décidé d’hiverner ici.

    Il a une armure impressionnante, faite de pics, de tâches sombres et, sur ses tibias, de fortes épines blanches à pointe noire. Une vraie cuirasse de guerrier ! Pourtant il est totalement inoffensif . Lorsque je m’approche, il semble s’interroger sur ce que je suis en train de faire avec mon gros objectif si près de lui. Aucun mouvement, aucune agitation. Juste ses grands yeux rayés qui me fixent intensément.

    Cette tactique de survie consiste effectivement à demeurer immobile. Il pense ainsi que nous ne le voyons pas. Nous ne savons rien de ses capacités intellectuelles, mais il possède des capteurs ultra-perfectionnés que l’on a de quoi lui jalouser.

    Je pense, entre autres, à ses yeux à vision panoramique, à ses antennes qui servent de capteurs chimiques et thermiques, à son audition par le ventre (et oui !) ou encore à ses poils sensoriels qui mesurent la vitesse et la direction du vent.

    Je pourrais vous en parler des heures tant ce petit insecte est complexe, lui que l’on trouve si peu attirant. Résumons simplement en disant qu’il est une pure merveille de technologie – pour utiliser un mot à la mode. Une chose sûre : il n’a pas attendu les pontes de la Silicon Valley pour vivre !

  • Histoire de tabac !

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    Canon EOS 70D ISO/1000 1/3200 sec. f/100mm F/5.6

    Le Tabac d’Espagne (Argynnis paphia ) porte fièrement les couleurs orange et cuivre qui ont inspiré les naturalistes de l’époque.

    Cependant, l’histoire est trompeuse, car il n’a jamais existé de tabac d’Espagne à fumer. Il s’agissait en faite d’un tabac à priser ou à chiquer, fabriqué à Séville au XVIIIe siècle, qui était très en vogue. Pour lui donner une teinte chaleureuse, on y ajoutait une ocre locale qui lui donnait une couleur rappelant les ailes de ce papillon, d’où son nom.

    Il n’a donc jamais existé de tabac d’Espagne à mettre dans sa pipe. De plus, si le célèbre tabac à priser a aujourd’hui disparu, le papillon, lui, est toujours présent dans la nature pour notre plus grand bonheur !

  • David et Goliath

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    Canon EOS 70D ISO/500 1/4000 sec. f/100mm F/3.2

    David et Goliath, ou l’histoire d’une rencontre entre une petite et une grosse abeille.

    Le géant noir aux ailes violettes, alias le xylocope violet ( Xylocopa violecea ), est surnommé  » l’abeille charpentière « . Plus grande abeille d’Europe, elle mesure en moyenne 30 mm de long et bourdonne comme un bombardier.

    A ses côtés, la petite est une cératine bleue ( Ceratina cyanea). C’est elle aussi une charpentière, mais en version de poche : elle mesure à peine 5 mm et demeure très discrète.

    On les appelle abeilles charpentières en raison de leur méthode de nidification : elles creusent leur propre galerie directement dans le bois, contrairement aux abeilles domestiques des ruches. Elles ne vivent pas en colonie et ne produisent pas de cire mais se sont de remarquable pollinisatrices.

    Deux gabarits qui, mis côte à côte, sont fort surprenants.

  • Vous avez dit vide ?

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    Canon EOS 70D ISO/500 1/800sec. f/100mm F/4

    Rien ne sert de courir se protéger de cet insecte : il est tout à fait inoffensif malgré son apparence proche de celle d’une guêpe. Il ne possède pas de dard, donc il ne pique pas.

    Je me suis demandé pourquoi on le nomme  » volucelle vide « (Volucella inanis ). Voici la réponse : le naturaliste Rémy Perrier a documenté que son abdomen paraissait vide. En réalité, l’intérieur de son corps est largement occupé par de grands sacs aériens. Ces cavités remplies d’air prennent énormément de place, donnant l’illusion que l’insecte est creux !. Tous s’explique !

    C’est alors que la question suivante est arrivée : à quoi servent ces cavités ? Pour faire court, c’est un super-soufflet pour la respiration, un gain de légèreté pour le vol stationnaire, un climatiseur, un isolant thermique et une réserve d’air de secours.

    Alors qu’on ne me dise plus que l’homme est l’espèce la plus évoluée !

    Cet insecte possède tout ce dont j’aurais eu besoin cet été pour vivre plus confortablement.

  • Le grand damier

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    Canon EOS 70D ISO/500 1/3200 sec. f/100mm F/4.0

    L’été est synonyme de photographie de nature et cette été n’y a pas échappée malgré la chaleur. Cette photo a été prise en juin dans la vallée d’Eyne, située en Cerdagne au coeur du Parc Naturel Régional des Pyrénées orientales.

    J’ai découvert cette vallée avec mon club photo et quelques adeptes de photographies animalières. C’est un vrai plaisir de découvrir la nature en leur compagnie. Leurs connaissances du terrain et du comportement animal m’émerveillent. Une simple ballade devient une véritable exploration naturaliste. Grâce à eux, je développe petit à petit une sensibilité face au monde vivant et je m’amuse à immortaliser de magnifiques petites bestioles.

    Ici, vous voyez une Mélitée des centaurées, ou Grand damier (Melithaea phoebe). Comme son nom l’indique, il est posé sur une Centaurée scabieuse.

     » Tout est là, on ne protège bien que ce que l’on aime, et on n’aime que ce que l’on connaît  » ( Jean-henri Fabre, 1823-1915 )

    Une belle façon de se rappeler que plus l’on connaît la nature, mieux on est portée à la respecter.