Catégorie : Animalière

  • Charadrius hiaticula

    ,
    Fuji X-T3 ISO/160 1/500 f/300mm F/7.1

    Ce matin, je suis retourné à l’étang de Canet en Roussillon. J’y ai fait de belles rencontres, entre autres ce Grand gravelot adulte( Charadrius hiaticula ). Il a été identifié pour la première fois par le célèbre médecin et naturaliste suédois Carl Von Linné en 1758. Créateur du Systema Naturae, celui-ci a contribué à la généralisation d’un système universel pour identifier chaque espèce vivante par un nom latin constitué de deux mots. Une révolution !

    Donc, ce petit pluvier porte le même nom depuis 268 ans. C’est fascinant comment l’histoire nous rattrape, malgré toutes les révolutions technologiques – et en latin, s’il vous plait !

    N’est-ce pas un peu ironique que nous partagions nos observations via satellite, alors que le moyen le plus précis pour désigner cet oiseau reste une langue vieille de plus de deux mille ans ?

    Ce petit pluvier, sur ses petites pattes oranges, est venu me rappeler qu’il existe un pont immuable entre le passé et le présent, une mémoire qu’il est de notre devoir de ne pas oublier.

  • Douche à l’italienne perfectionnée

    ,
    Fuji X-T3 ISO/160 1/800sec. f/188mm F/5.6

    À première vue, cette aigrette garzette, d’une blancheur immaculée, fait sa toilette. En fait, elle fait bien plus que cela.

    Elle possède une petite glande située à la base de ses plumes. Lorsqu’elle la presse avec son bec, l’aigrette récolte une huile cireuse et hydrofuge. Géniale n’est-ce pas ? Elle s’en sert pour imperméabiliser ses plumes et se protéger des champignons et bactéries grâce à l’action de la cire.

    J’ajoute aussi qu’en faisant cela, elle répare la structure de ses plumes, élimine les parasites ou les saletés et gère sa mue.

    Evidemment, cela demande quelques contorsions, ce que son long cou lui permet. Un lent travail et méticuleux, essentiel pour cet oiseau. Voilà qui devrait nous faire encore plus apprécier notre douche, même si elle n’est pas à l’italienne !

  • 100% énergie naturelle

    ,
    Fuji X-T3 ISO/800 1/2000sec. f/450mm F/8

    Je suis un oiseau très connu. C’est moi qu’on imagine volant dans le ciel avec un nourrisson dans le bec. J’en ai amené de ces petits ! Pas toujours commodes, ils pleurent, ils ont faim et ils s’agitent. Quelle vie je fais !

    Sans compter qu’on me fait dîner avec un renard dans les Fables de La Fontaine, alors que jamais je ne croise de renard dans les marais, et sur un toit encore moins. De toute façon, je ne sais pas parler, je craquette !

    Je suis la cigogne blanche ( Cicona ciconia ), bien que je ne sois pas très blanche … faut dire que dormir sur les cheminées, ce n’est pas toujours très propre. Je suis même obligée de dormir sur une patte. Vous vous imaginez ?

    Je me dirige vers l’Afrique subsaharienne pour l’hiver. Comme des dizaines de milliers de retraités européens avec leur camping-car : je choisis le soleil. À la différence près qu’un coup d’aile est 100% naturel et non polluant ! Bon courage et bon hiver à tout ceux qui demeurent au Nord ! À la revoyure.

  • Qui suis-je ?

    ,
    Fuji X-T3 ISO/400 1/800sec. f/400mm F/5 DxO, contre-jour.

    Au Parc naturel des Aiguamolls le doute s’installe. Quel est vraiment cet oiseau ? Une aigrette garzette ou la grande aigrette ? Son bec n’est pas totalement noir, la balance penche pour une grande aigrette. Pourtant, on devine les pieds jaunes qui évoquent la garzette. Au secours !

    L’explication est biologique ( encore une fois ! ): en automne, les doigts de la grande aigrette peuvent varier de couleur, sans compter la vase, qui peut créer l’illusion. J’aimerais quand même avoir l’avis d’un ornithologue, car identifier une espèce demande un regard exercé et de l’expérience sur le terrain.

    Malgré le doute qui demeure, j’aime beaucoup sa tête légèrement penchée et son regard presque interrogateur. Peut-être se demande t-elle, en véritable penseur des marais. :  » Qui suis-je ? « 

  • Les sœurs Prozorov *

    ,
    Fuji X-T3 ISO/160 1/800 sec. f/450mm F/4, traitement DxO Photo Lab, à contre-jour.

    Les aigrettes garzettes, toujours aussi élégantes dans leur robe de plumes blanches, s’avancent avec légèreté . Celles-ci ont été photographiées au Parc naturel des Aiguamolls de l’Empordà (aiguamolls signifiant «marais» en catalan).

    Si elles vous offrent un jolie profil, c’est qu’en fait, elles se placent dans l’alignement du vent, ce qui laisse leur plumage parfaitement lisse. Ainsi, elles sont prêtes à s’envoler instantanément. Elles ont aussi une vision latérale, donc au moindre mouvement de tête de l’une, les autres suivent.

    Elles me rappellent les trois sœurs de Tchekhov regardant l’horizon, rêveuses. Là s’arrête la ressemblance, car ici, ni nostalgie, ni perte d’illusion : juste l’instinct de poursuivre ce long voyage vers l’Afrique.

    *Les Trois Sœurs d’Anton Tchekhov.