Catégorie : Animalière

  • Houp houp houp … Ep ep ep !

    ,
    Fuji X-T3 ISO/400 1/1000sec. f/300mm F/11

    Voici une Huppe Fasciée ( Upipa epops ) photographiée ce matin. Elle était très loin; même avec mon objectif 300mm, le rendu reste un peu flou. C’est un oiseau magnifique et je tenais à vous le faire découvrir.

    On la reconnait à sa crête de punk, une couronne de plumes rousses terminées de noir, qu’elle déploie en cas de danger, pour sa parade amoureuse ou à l’atterrissage comme frein naturel ou parachute !

    Son nom scientifique, Upupa Epops, cache une anecdote. Les Romains entendaient « houp houp houp » ( Upupa ), tandis que les Grecs entendaient « ep ep ep » ( epops ). Comme quoi, le chant d’un oiseau est perçu différemment selon la culture.

    Mais rassurez-vous, la huppe fait exactement le même son depuis des millénaires et se moque bien de savoir si elle parle grec ou latin !

  • Dinosaure moderne

    ,
    Fuji X-T3 ISO/160 1/800sec. f/287mm F/7.1

    Vous allez croire que je fais une fixation sur les aigrettes et d’une certaine façon, vous avez raison. Pourquoi le nier ? Cet oiseau magnifique que je croise régulièrement, mérite toute mon attention. S’émerveiller devant le commun, le familier est à la portée de tout les poètes, les rêveurs et les scientifiques … !

    N’ayons pas peur des mots, l’aigrette est un miracle de l’évolution. Dans la nomenclature actuelle, les oiseaux sont des dinosaures. Ils appartiennent au groupes des théropodes, comme le Tyrannosaurus rex. Alors, regarder une aigrette, c’est aussi regarder 230 millions d’années d’évolution .*

    Pour moi, observatrice, c’est une minute de pure beauté où le soleil crée une transparence sur ses plumes grâce au contre-jour. Moment éphémère dans le long, très long tourbillon de la vie.

    *Tiré du livre «L’envol des oiseaux: La nouvelle histoire, des dinosaures à aujourd’hui », du paléontologue Steve Brusatte, édition Quanto, EPFL Press.

  • 0.4 g de concentré d’intelligence

    ,
    Fuji X-T3 ISO/160 1/500sec. f/300mm F/6.4

    C’était mon jour de chance. Ce matin j’ai pu voir trois espèces d’oiseaux différentes que je n’avais jamais rencontrées. Voici l’une d’entre elles : la petite cisticole des joncs ( Cisticola juncidis ). Elle ne mesure pas plus de 10 cm et pèse à peine 8 g.

    Malgré son petit gabarit, c’est un excellent bâtisseur. Le mâle tisse un nid en forme de poire verticale, caché dans les herbes, en liant les tiges entre elles à l’aide de fils de toiles d’araignée qu’il récupère.

    Avec un cerveau de 0.4 g, il possède des capacités cognitives fascinantes grâce à une densité neuronale record. Alors, la récup. et le recyclage, on devrait bien pouvoir y arriver, non, avec nos 1300 g.?

    Ce petit oiseau vit caché dans les marais et les friches. Vif et discret, il se faufile toujours au moment précis où l’on veut le capter du regard. Ce matin, il a fièrement posé pour moi en me montrant son plus beau profil !

  • Aucune arthrose

    ,
    Fuji X-T3 ISO/160 1/800sec. f/260mm F/5

    Cette cigogne blanche ( ciconia ciconia ) est en train de faire sa toilette et de lisser ses plumes. Son cou est en « S », complètement remplié vers l’arrière grâce à ses 17 vertèbres cervicales. De plus, ses articulations très flexibles lui permettent une grandes souplesse et une large amplitude de mouvement. Elle possède aussi une musculature qui lui permet de détendre instantanément ce « S » pour harponner une proie comme un ressort.

    Ce cou, est une merveille d’adaptation, qui compense l’immobilité de ses yeux et permet l’utilisation maximale de son bec, son seul outil disponible pour manger. En vol, cette flexibilité est verrouillé lorsque le cou est parfaitement étendu.

    En comparaison, comme la majorité des mammifères, nous n’avons que sept vertèbres cervicales. Et fort heureusement, car quand l’arthrose s’installe, c’est douloureux. Par chance, la cigogne est préservée de ces symptômes grâce à des contraintes mécaniques de compression minimales , à la répartition des mouvements sur 17 vertèbres et à l’absence de disques intervertébraux. Je vous l’ai dit :Un chef-d’œuvre de la nature, encore une fois !

  • L’aigrette, maître yogi

    ,
    Fuji X-T3 ISO/800 1/800sec. f/300mm F/8 DxO Nik Color Efex

    Voilà une aigrette dans une bien mauvaise posture. Une position d’équilibre précaire, et pourtant elle y arrive ! Son centre de gravité et la répartition de sa musculature lui permettent de maintenir cette position. De plus, elle possède de très grands doigts qui lui servent de raquettes, ou de trépieds.

    Mais pourquoi utiliser une technique aussi complexe pour ce nourrir ? C’est quand même difficile et cela demande beaucoup d’énergie. En réalité, cela permet à notre malin oiseau d’approcher de sa proie sans faire d’ombre, ce qui la ferait fuir.

    Alors que des centaines de milliers d’adeptes de yoga s’exercent à la posture de « l’oiseau buveur » pour leur bien-être, l’aigrette, elle, le fait pour sa survie, et depuis bien plus longtemps. Une chose est sûre : on ne peut pas enlever aux fondateurs des premières techniques de yoga qu’ils avaient un sacré sens de l’observation de la nature…ou plutôt, un sens sacré !