Auteur/autrice : louise.oegema@gmail.com

  • Barbe Rousse

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    Fuji X-T3 ISO/800 1/500sec. f/300mm F/11

    Portrait pris sur le vif à la Festa major de St-Cyprien. Il me semblait que cette belle tête rousse méritait d’être vue. Ce musicien, membre d’un groupe breton, présente une bonne dose de bonhomie et beaucoup de caractère .

    J’aime ce clin d’œil, qui rend la photo plus authentique. La barbe ainsi que les rides autours des yeux donnent du relief et deviennent des éléments graphiques à part entière. Cela donne une présence plus marquée au visage tandis que cadrage très serré force le regard vers les traits du personnage.

    Il existe une proportion infime de personnes qui naissent rousses: seulement 1 à 2 % de la population mondiale. La plus forte concentration se trouve en Ecosse et en Irlande. Ce jeune homme peut être fière de sa barbe, car elle présente une véritable rareté génétique !

  • Charadrius hiaticula

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/500 f/300mm F/7.1

    Ce matin, je suis retourné à l’étang de Canet en Roussillon. J’y ai fait de belles rencontres, entre autres ce Grand gravelot adulte( Charadrius hiaticula ). Il a été identifié pour la première fois par le célèbre médecin et naturaliste suédois Carl Von Linné en 1758. Créateur du Systema Naturae, celui-ci a contribué à la généralisation d’un système universel pour identifier chaque espèce vivante par un nom latin constitué de deux mots. Une révolution !

    Donc, ce petit pluvier porte le même nom depuis 268 ans. C’est fascinant comment l’histoire nous rattrape, malgré toutes les révolutions technologiques – et en latin, s’il vous plait !

    N’est-ce pas un peu ironique que nous partagions nos observations via satellite, alors que le moyen le plus précis pour désigner cet oiseau reste une langue vieille de plus de deux mille ans ?

    Ce petit pluvier, sur ses petites pattes oranges, est venu me rappeler qu’il existe un pont immuable entre le passé et le présent, une mémoire qu’il est de notre devoir de ne pas oublier.

  • Hôtel de la gare

    Lumix DMC-TZ100 ISO/800 1/60sec. f/23.7mm F/2.8

    Nous voici à la gare de Cerbère, dans son hall des voyageurs datant des années 70-80. On remarque son guichet vitré à l’allure rétro et ses vieux casiers fermés. Assis sur un siège en plastique moulé, un homme seul est inconfortablement assoupi sous la lumière crue des néons.

    Cette scène représente pour moi la solitude profonde. On peut sentir le vide et le silence qui imprègnent l’atmosphère. Cette gare frontière, qui fut un lieu animé et rempli de bruits de pas, est aujourd’hui désertée. Elle n’est plus fréquentée que par des gens plongés dans une attente sans fin, par des âmes solitaires qui se croisent.

    Un sentiment d’abandon y règne, les guichets demeurent fermés et la gare est devenue un espace d’errance. J’en suis ressorti bouleversée.

    Cette photo témoigne du vécu de certaines personnes, de trajectoires de vie malheureuses, de la fatigue de voyageurs perdus et de la détresse des sans-abris. Comme humain, ne sommes nous pas tous vulnérables ? Gardons un regard bienveillant sur ceux qui nous entourent et ne laissons pas l’indifférence l’emporter.

  • Cerbère, si petite et pourtant …

    Fuji X-T3 ISO/160 1/125sec. f/87mm F/14

    Cerbère, ville de la Côte Vermeille, minuscule vallon, a connu une histoire des plus mouvementées. Restée longtemps un hameau de pêcheurs et viticulteurs, tout bascule en 1864, lorsqu’elle est reliée à l’Espagne par une voie ferrée à travers le col des Bélitres.

    L’ouverture du tunnel international et de sa gare en 1878 provoque un afflux massif de travailleurs : Cerbère prospère. L’âge d’or de cette commune se situe entre 1900 et 1930, grâce à l’importation notamment des agrumes espagnols *.

    Escale fréquentée, l’hôtel Art déco le Belvédère du Rayon Vert est édifié au début des années 1930. On le voit ici fièrement dressé, tel un paquebot face à la mer.

    En 1939, Cerbère devient le centre d’un drame humanitaire majeur : La Retirada. Un demi-million de républicains espagnols s’y réfugient pour fuir la dictature de Franco.

    Cerbère, talonnée par l’histoire, voit désormais passer l’exil de ces jeunes migrants venus d’Afrique. Si petite soit-elle, Cerbère s’inscrit dans la grande histoire mondiale.

    *Lire « La Transbordeuse d’oranges » de Hélène Legrais.

  • Ombre et lumière

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/125sec f/50mm F/8

    Ancienne capitale du comté d’Empùries, la ville de Castello d’Empùries recèle un riche patrimoine architectural. Son hôtel de ville occupe l’ancien palais des comtes, bâti dans la seconde moitié du XIVe siècle. Au fils du temps un couvent y a été ajouté : le couvent Sant Domènec.

    Ce complexe historique, rénové récemment, présente un mélange subtil de styles ancien et moderne qui met en valeur la structure en pierre d’origine. Son design épuré crée un jeu graphique formidable entre ombre et lumière, offrant toute une déclinaison de gris!

    Les architectes catalans possèdent un savoir-faire et un talent admirable pour allier le passé et la modernité, le tout sans jamais dénaturer l’histoire des lieux. C’est un vrai plaisir de s’y balader et d’admirer leur travail.