Mois : octobre 2026

  • Réels Chardonnerets élégants

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/500sec. f/450mm F/5.6

    Voici une volée de Chardonnerets élégants posés sur des chardons séchés. Le nom latin de ce petit passereau est Carduelis carduelis vient d’ailleurs de carduus qui signifie chardon, sa nourriture favorite. Leurs gazouillis se fait entendre bien avant qu’on ne les aperçoive car ils sont plutôt bavards. A l’automne, ils se rassemblent en groupe afin d’assurer une meilleure surveillance face aux prédateurs et repérer plus facilement les bons festins.

    Pour la photo animalière, trois choses sont importantes : de la patience, une bonne connaissance du milieu et beaucoup de chance. C’est pourquoi, en lisant La Presse*, je n’ai pas été surprise de lire un article parlant de l’omniprésence de l’IA dans ce domaine. La quête de perfection et de distinction professionnelle ou personnelle pousse de nombreux photographes à modifier leurs clichés, jusqu’à créer des images de toutes pièces, quitte à s’éloigner de la réalité.

    À trop vouloir sublimer le vivant, on finit par y perdre sa propre intégrité et par modifier le vivant lui-même. Au bout du compte, ni la nature, ni le publique, ni le photographe n’y gagnent.

    * La Presse +, dimanche 4 octobre 2026.

  • Houp houp houp … Ep ep ep !

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    Fuji X-T3 ISO/400 1/1000sec. f/300mm F/11

    Voici une Huppe Fasciée ( Upipa epops ) photographiée ce matin. Elle était très loin; même avec mon objectif 300mm, le rendu reste un peu flou. C’est un oiseau magnifique et je tenais à vous le faire découvrir.

    On la reconnait à sa crête de punk, une couronne de plumes rousses terminées de noir, qu’elle déploie en cas de danger, pour sa parade amoureuse ou à l’atterrissage comme frein naturel ou parachute !

    Son nom scientifique, Upupa Epops, cache une anecdote. Les Romains entendaient « houp houp houp » ( Upupa ), tandis que les Grecs entendaient « ep ep ep » ( epops ). Comme quoi, le chant d’un oiseau est perçu différemment selon la culture.

    Mais rassurez-vous, la huppe fait exactement le même son depuis des millénaires et se moque bien de savoir si elle parle grec ou latin !

  • Dinosaure moderne

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/800sec. f/287mm F/7.1

    Vous allez croire que je fais une fixation sur les aigrettes et d’une certaine façon, vous avez raison. Pourquoi le nier ? Cet oiseau magnifique que je croise régulièrement, mérite toute mon attention. S’émerveiller devant le commun, le familier est à la portée de tout les poètes, les rêveurs et les scientifiques … !

    N’ayons pas peur des mots, l’aigrette est un miracle de l’évolution. Dans la nomenclature actuelle, les oiseaux sont des dinosaures. Ils appartiennent au groupes des théropodes, comme le Tyrannosaurus rex. Alors, regarder une aigrette, c’est aussi regarder 230 millions d’années d’évolution .*

    Pour moi, observatrice, c’est une minute de pure beauté où le soleil crée une transparence sur ses plumes grâce au contre-jour. Moment éphémère dans le long, très long tourbillon de la vie.

    *Tiré du livre «L’envol des oiseaux: La nouvelle histoire, des dinosaures à aujourd’hui », du paléontologue Steve Brusatte, édition Quanto, EPFL Press.

  • Illusion d’optique

    Fuji X-T3 ISO/3000 1/250sec. f/458mm F/4 DxO Color Efex

    Cette photo était inattendue. Ce matin, j’ai configuré mon appareil pour de la photo d’oiseaux ! J’ai vue ce motif sur l’eau et voila, j’ai déclenché !

    J’ai été attirée par ce graphisme à la surface de l’eau. Ce jeu de branches qui dessinait un losange et des diagonales dynamiques m’a charmé.

    En post-traitement, j’ai choisi de pousser les contrastes et l’exposition pour donner un effet high-key. Cette transformation supprime le paysage aquatique pour en faire un espace infinie. Difficile de distinguer ce qui est réel du reflet. On perd ses repères, cela devient une abstraction où l’on se concentre sur les lignes, les couleurs et l’équilibre visuel.

    Moi, j’y vois un motif retrouvé dans les tissus du Mali, un lien entre St-Marie-la-mer et l’Afrique grâce à ces formes universelles.

    Oui, la nature est un immense terrain de jeu pour la création !

    Quand pensez-vous ?

  • 0.4 g de concentré d’intelligence

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/500sec. f/300mm F/6.4

    C’était mon jour de chance. Ce matin j’ai pu voir trois espèces d’oiseaux différentes que je n’avais jamais rencontrées. Voici l’une d’entre elles : la petite cisticole des joncs ( Cisticola juncidis ). Elle ne mesure pas plus de 10 cm et pèse à peine 8 g.

    Malgré son petit gabarit, c’est un excellent bâtisseur. Le mâle tisse un nid en forme de poire verticale, caché dans les herbes, en liant les tiges entre elles à l’aide de fils de toiles d’araignée qu’il récupère.

    Avec un cerveau de 0.4 g, il possède des capacités cognitives fascinantes grâce à une densité neuronale record. Alors, la récup. et le recyclage, on devrait bien pouvoir y arriver, non, avec nos 1300 g.?

    Ce petit oiseau vit caché dans les marais et les friches. Vif et discret, il se faufile toujours au moment précis où l’on veut le capter du regard. Ce matin, il a fièrement posé pour moi en me montrant son plus beau profil !