
Ce petit lézard des murailles ( podarcis muralis ) profite des derniers rayons du soleil.
Derrière la poésie de cet instant ce cache un système complexe de régulation thermique. Ce petit reptile combine deux types de sources d’énergie pour activer son métabolisme avant la fraîcheur nocturne. Il plaque son ventre sur la roche pour en récupérer la chaleur accumulée et il s’expose simultanément aux rayons solaires. Pour maximiser cette absorption il sait aplatir son corps pour augmenter la surface d’exposition. Comble de sophistication, il assombrit sa couleur pour capter la lumière plus efficacement.
Plus j’observe la nature, plus je constate que rien n’est laissé au hasard. Tout geste, tout comportement, chaque détail d’une espèce à une fonction dont le but ultime est sa survie. C’est fascinant de constater à quel point il existe des systèmes d’adaptation qui défient tout ce que l’homme peut créer.
Finalement, je me dis que cette citation » l’homme qui dompte la nature » est risible et tellement naïve , face au spectacle de notre époque. Un simple petit lézard paressant sur sa pierre fait beaucoup plus qu’un humain bronzant sur la plage par souci d’esthétisme !
Il y a lézardé et lézardé. L’un s’expose par vanité, l’autre s’énergise par nécessité.
