Catégorie : Oiseaux

  • Dinosaure moderne

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/800sec. f/287mm F/7.1

    Vous allez croire que je fais une fixation sur les aigrettes et d’une certaine façon, vous avez raison. Pourquoi le nier ? Cet oiseau magnifique que je croise régulièrement, mérite toute mon attention. S’émerveiller devant le commun, le familier est à la portée de tout les poètes, les rêveurs et les scientifiques … !

    N’ayons pas peur des mots, l’aigrette est un miracle de l’évolution. Dans la nomenclature actuelle, les oiseaux sont des dinosaures. Ils appartiennent au groupes des théropodes, comme le Tyrannosaurus rex. Alors, regarder une aigrette, c’est aussi regarder 230 millions d’années d’évolution .*

    Pour moi, observatrice, c’est une minute de pure beauté où le soleil crée une transparence sur ses plumes grâce au contre-jour. Moment éphémère dans le long, très long tourbillon de la vie.

    *Tiré du livre «L’envol des oiseaux: La nouvelle histoire, des dinosaures à aujourd’hui », du paléontologue Steve Brusatte, édition Quanto, EPFL Press.

  • 0.4 g de concentré d’intelligence

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/500sec. f/300mm F/6.4

    C’était mon jour de chance. Ce matin j’ai pu voir trois espèces d’oiseaux différentes que je n’avais jamais rencontrées. Voici l’une d’entre elles : la petite cisticole des joncs ( Cisticola juncidis ). Elle ne mesure pas plus de 10 cm et pèse à peine 8 g.

    Malgré son petit gabarit, c’est un excellent bâtisseur. Le mâle tisse un nid en forme de poire verticale, caché dans les herbes, en liant les tiges entre elles à l’aide de fils de toiles d’araignée qu’il récupère.

    Avec un cerveau de 0.4 g, il possède des capacités cognitives fascinantes grâce à une densité neuronale record. Alors, la récup. et le recyclage, on devrait bien pouvoir y arriver, non, avec nos 1300 g.?

    Ce petit oiseau vit caché dans les marais et les friches. Vif et discret, il se faufile toujours au moment précis où l’on veut le capter du regard. Ce matin, il a fièrement posé pour moi en me montrant son plus beau profil !

  • Aucune arthrose

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/800sec. f/260mm F/5

    Cette cigogne blanche ( ciconia ciconia ) est en train de faire sa toilette et de lisser ses plumes. Son cou est en « S », complètement remplié vers l’arrière grâce à ses 17 vertèbres cervicales. De plus, ses articulations très flexibles lui permettent une grandes souplesse et une large amplitude de mouvement. Elle possède aussi une musculature qui lui permet de détendre instantanément ce « S » pour harponner une proie comme un ressort.

    Ce cou, est une merveille d’adaptation, qui compense l’immobilité de ses yeux et permet l’utilisation maximale de son bec, son seul outil disponible pour manger. En vol, cette flexibilité est verrouillé lorsque le cou est parfaitement étendu.

    En comparaison, comme la majorité des mammifères, nous n’avons que sept vertèbres cervicales. Et fort heureusement, car quand l’arthrose s’installe, c’est douloureux. Par chance, la cigogne est préservée de ces symptômes grâce à des contraintes mécaniques de compression minimales , à la répartition des mouvements sur 17 vertèbres et à l’absence de disques intervertébraux. Je vous l’ai dit :Un chef-d’œuvre de la nature, encore une fois !

  • L’aigrette, maître yogi

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    Fuji X-T3 ISO/800 1/800sec. f/300mm F/8 DxO Nik Color Efex

    Voilà une aigrette dans une bien mauvaise posture. Une position d’équilibre précaire, et pourtant elle y arrive ! Son centre de gravité et la répartition de sa musculature lui permettent de maintenir cette position. De plus, elle possède de très grands doigts qui lui servent de raquettes, ou de trépieds.

    Mais pourquoi utiliser une technique aussi complexe pour ce nourrir ? C’est quand même difficile et cela demande beaucoup d’énergie. En réalité, cela permet à notre malin oiseau d’approcher de sa proie sans faire d’ombre, ce qui la ferait fuir.

    Alors que des centaines de milliers d’adeptes de yoga s’exercent à la posture de « l’oiseau buveur » pour leur bien-être, l’aigrette, elle, le fait pour sa survie, et depuis bien plus longtemps. Une chose est sûre : on ne peut pas enlever aux fondateurs des premières techniques de yoga qu’ils avaient un sacré sens de l’observation de la nature…ou plutôt, un sens sacré !

  • Charadrius hiaticula

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    Fuji X-T3 ISO/160 1/500 f/300mm F/7.1

    Ce matin, je suis retourné à l’étang de Canet en Roussillon. J’y ai fait de belles rencontres, entre autres ce Grand gravelot adulte( Charadrius hiaticula ). Il a été identifié pour la première fois par le célèbre médecin et naturaliste suédois Carl Von Linné en 1758. Créateur du Systema Naturae, celui-ci a contribué à la généralisation d’un système universel pour identifier chaque espèce vivante par un nom latin constitué de deux mots. Une révolution !

    Donc, ce petit pluvier porte le même nom depuis 268 ans. C’est fascinant comment l’histoire nous rattrape, malgré toutes les révolutions technologiques – et en latin, s’il vous plait !

    N’est-ce pas un peu ironique que nous partagions nos observations via satellite, alors que le moyen le plus précis pour désigner cet oiseau reste une langue vieille de plus de deux mille ans ?

    Ce petit pluvier, sur ses petites pattes oranges, est venu me rappeler qu’il existe un pont immuable entre le passé et le présent, une mémoire qu’il est de notre devoir de ne pas oublier.